Le concept :
La démarche consiste à créer une épreuve réaliste destinée à mettre en valeur des embarcations de mer performantes, dans leur élément naturel, principalement dans la zone au-delà des 6 nautiques.
Cette réflexion résulte d'une dérive constatée au fil du temps ou le terme "Course Offshore" consiste en fait à faire évoluer des engins dont certains frôlent les 140 kmh dans la bande des 300 mètres et non au large des côtes (Offshore).
C'est, à mon avis, une erreur, plus dans le terme employé que dans la difficulté et la valorisation de l'épreuve elle-même.
Le championnat en Méditerranée a rectifié le tir et s'appelle maintenant "Race Nautic Tour", se déroule à la sortie d’un port, dans la bande des 300 mètres, près d'un public de spectateurs voués à « la cause » et dispose de toutes les autorisations nécessaires à ce type d'épreuve. Il arrive régulièrement au fil des épreuves de rencontrer des conditions aussi musclées qu’au large, mais néanmoins prés du bord, ce qui annule de fait le terme « offshore »...
Cela laisse la place à une vraie épreuve Offshore dont la trajectoire idéale se situe en eaux libres et ne pénètre jamais dans la bande des 300 mètres ou tout autre zone maritime ou la vitesse pourrait être réglementée.
Cette épreuve écarte de fait les "trapanelles" * ou autres engins dont la place se situe plus raisonnablement en rivière ou sur lac plutôt qu'en mer... La navigation, les calculs de route, de carburant, les moyens de communication et de positionnement y tiennent une grande place. Il ne s'agit pas seulement de "mettre le pied dedans", il faut aussi préparer et gérer.
Loin du public et des détracteurs, cette épreuve est destinée à des embarcations bien préparées dont les pilotes seront plus attirés par la performance que par les paillettes.
La ligne est ouverte du 1er janvier au 31 décembre de chaque année. Le choix de la date et de l'heure pour tenter de battre le défi est libre.
4 catégories d'embarcations seront définies.
Les 2 premiers de chaque catégorie seront sélectionnés pour une épreuve en ligne sur le même parcours, fin septembre après concertation des sélectionnés et accord sur la date. Le vainqueur sera détenteur du "ruban pourpre" et sera tenu de le remettre en jeu l'année suivante.
La zone choisie est la zone ouest Bretagne.
Le parcours choisi se situe entre Brest et Lorient.
La distance idéale du départ à l'arrivée est de 90,62 nautiques.
La catégorie de navigation est supérieure à 6 nautiques
Le permis hauturier est nécessaire
Les embarcations doivent être conformes à la directive 2003/44/CE et s'aligner sur la division 240.
Les pilotes devront prendre connaissance des textes en vigueur dans la zone de navigation traversée(c.f Règlement)
* la trapanelle est à l'offshore ce qu'est la majorette au défilé militaire
Le principe :
Il ne s'agit, pour l'instant, que d'un défi et non d'une compétition sportive organisée dans le cadre d'une course en ligne ou d'un championnat.
La différence est de taille !
Dans le cas d'un défi, c'est la seule responsabilité du "chef de bord" qui est engagée pour ce qui pourrait donner lieu à réclamation de quelque provenance que ce soit. Il lui appartient de prendre ou de ne pas prendre le départ, de le faire quand il l'aura décidé et de faire demi-tour s'il le juge raisonnable. Il est le seul juge de ses engagements et en assume toutes les responsabilités.
Dans le cas d'une épreuve organisée, le dispositif à mettre en place est lourd et est soumis à l'autorisation à l'organisation d'une manifestation nautique dont les dates seraient déposées à l'avance et figées. Ce type d'épreuve reste malgré tout un objectif dont le défi est le préliminaire. L'intérêt que va représenter ce défi sera déterminant pour l'évolution vers l'épreuve en ligne dans l'avenir. Nous espérons que les équipages désireux de relever ce défi seront nombreux et que nous pourrons donner suite à cette aventure. La médiatisation du défi devra attirer les annonceurs de manière à générer le budget nécessaire à l'élaboration d'une épreuve officielle et reconnue. Le Paris-Dakar a démarré un peu de cette manière.
Informations utiles :
La rade de Brest dispose d'un statut particulier, il s'agit d'un lieu stratégique et, à ce titre elle est totalement sous contrôle direct du préfet maritime et donc de l'autorité militaire. Toute embarcation ou navire évoluant en rade de Brest est vue et suivie dans son évolution afin de contrôler qu'elle ne se dirige pas vers un point ou zone à accès réglementé ou interdit ou ne vienne perturber une activité de la Défense Nationale à caractère prioritaire. Le point de contrôle de la rade se situe en limite rade/goulet. C'est le phare du Portzic, indicatif VHF "Brest port". En cas de doute sur les conditions du jour, il est raisonnable de les contacter sur 16, il vous dirigeront vers une fréquence de dégagement et vous fourniront toutes les informations nécessaires. Il est également intéressant, avant le départ de les contacter au 02 98 49 11 96 afin de connaître les éventuelles activités contraignantes.
Prévisions :
Ce défi est le préliminaire à une épreuve beaucoup plus ambitieuse, sur ce même parcours. Il est déstiné à évaluer l'intérêt que représente ce type d'épreuve, tout d'abord par son nombre de participants, la qualité de ses participants, le niveau du risque environnemental et personnel et son attrait aux yeux du grand public, des annonceurs et partenaires éventuels.
Une année sera nécessaire à l'analyse des relevés environnementaux. À l'issue, en cas de succès, le défi resterait en place, mais serait doublé par une course en ligne, découpée en catégories, se déroulant sur 2 jours.
Une première journée dans le sens Brest/Lorient, le lendemain Lorient/Brest.
À Brest, les bateaux seraient présentés au public sur leur remorque, en parc ouvert et animé, feraient leurs contrôles et vérifications puis seraient mis à l'eau peu avant le départ. La course, d'une durée de 1h45 à 3h les mènerait jusqu'à Lorient puis, une fois la ligne d'arrivée passée, les bateaux seraient sortis de l'eau et présentés sur parc ouvert au public. Un village animé ou les marques seraient représentées, verrait le jour et s'étofferait au fil des ans.
Le lendemain, l'inverse.
Les bateaux seraient équipés de balises émettrices permettant au public resté à terre de suivre la course en direct sur grand écran ou à domicile sur Internet. Cela permettrait également au PC sécurité de concentrer son attention sur un concurrent muet dont la position présenterait une anomalie quelconque (stationnaire prolongée ou hors trajectoire) et projeter des moyens de secours ou d'assistance appropriés en direction de la balise.
Stratégie :
Le choix de cette zone de navigation n'est pas anodin. Il s'agit d'un parcours authentique en milieu maritime naturel et sans concession.
Si la rade de Brest constitue un abri naturel par gros temps, cela ne signifie pas que la mer y est calme...
Le goulet accueille des courants de marée pouvant aller jusqu'à 4 nds, ce qui n'est pas négligeable si l'on considère le temps où l’on y est soumis et ce courant sera toujours soit favorable, soit défavorable.
Le passage du Toulinguet réclame une bonne étude des cartes pour réduire au maximum la trajectoire. Le courant est également présent et est à considérer.
La mer d'Iroise à l'ouvert de la baie de Douarnenez est exposée à la houle du large.
Le passage du raz est mythique. La trajectoire idéale en ce point précis ne peut se décider que de visu. Ce qui est valable en l'instant ne l'est plus dans le quart d'heure qui suit... L'étude des cartes et le sens de l'improvisation sont indispensables. Ne parlons pas du pilotage, nous sommes tous d'excellents pilotes...
La baie d'Audierne ne présente pas de difficulté particulière, sauf qu'elle est exposée à la houle du large.
La pointe de Penmarc'h est plutôt mal pavée et accueille quelques roches scélérates... il y a lieu à ne pas trop serrer à la côte ...
Le passage des Glénans réclame une petite attention et exige de ne pas trop serrer à droite, le fond remonte vite et la roche est omniprésente...
La fin du parcours est une petite promenade de santé. Attention toutefois au passage du Grasu et au virement sur Larmor, la roche affleure par endroits...
Il s'agit donc, pour ceux qui ne l'avaient pas encore compris, de se lancer dans un vrai challenge et non d'aller faire "le tour du lac" comme c'est encore malheureusement le cas pour certains qui s'autoproclament "offshore" ou plus simplement d'aller faire du bruit à la sortie du port ou au bord de la plage, parce qu'au-delà les admirateurs se font plus rares. La performance et la vanité ne font pas toujours bon ménage sur nos côtes ...
Il ne s'agit pas de développer une "ELITE" mais seulement "d'écrémer" en écartant les embarcations inadaptées ou mal préparées et surtout de tenter de tirer la discipline vers le haut en espérant aussi attirer nos voisins anglais qui eux ont franchi le pas depuis bien longtemps... Il n'y a, à ce jour, aucune épreuve motonautique sur la façade Manche-Atlantique, et la Méditerranée est si loin... Voilà l'opportunité de dynamiser ce secteur en perpetuelle croissance.
Le résultat sera la mise en évidence des vrais bons bateaux de mer et non pas comme c'est le cas actuellement ou le seul critère affiché est la vitesse de pointe, sans se préoccuper de la résistance des structures ni de la capacité de franchissement, ni de la forme de carène. Il suffit pour cela de se persuader que la mer est toujours plate et que l'on sera toujours à fond...
Autant s'engager avec une "formule 1" capable de tenir les 360 kmh... dans le Paris/Dakar, le rallye de Corse ou celui des Cévennes ... Il y a certainement mieux pour s'épargner le ridicule.
Il semble vraiment très important de vouloir disposer du bateau le plus rapide et de le claironner haut et fort, tant pis si on ne peut pas l'y emmener, le tout est que les autres le croient... sacrée maladie tout de même...
Nous avons d'ailleurs hésité à appeler cette épreuve "le tombeau des Phampharons"...
Les cales de mise à l’eau de BREST et de LORIENT sont séparées d’environ 135 km, dont 125 en voie rapide 2 x 2 voies. Ce qui signifie qu’après avoir mis le bateau à l’eau à Brest, véhicule et remorque peuvent très facilement se rendre à Lorient pour attendre l’arrivée du bateau et ce, en environ 1 h 30. C’est une balade qui peut être organisée un après-midi de grand beau … d’autant plus qu’à Lorient il fait toujours beau ! heu… presque toujours.
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